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Aseggas ameggaz 2008 ! Bonheur, chance et paix pour toutes et tous 

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Mardi 08 Août 2006

Photo : louiza-sur-scene.jpg 

 

Elle a passé sa vie au service de la chanson kabyle, Louiza a produit seize albums et ses chansons demeureront immortelles. Après une absence de quelques années, elle retrouve la scène et elle réserve pleines de surprises pour ses fans.      

Nous l’avons rencontrée et elle a répondu à cœur ouvert à nos questions, tout en entrecoupant ses réponses par des extraits de ses chansons qu’elle nous a chantées a capela de sa voix suave. C’était, ma foi, un moment de grand plaisir que nous avons passé avec cette chanteuse hors pair qui a bercé notre enfance…  

C’est la saison estivale, votre emploi du temps doit être chargé, n’est-ce pas ? - Azul ! Vous êtes le bienvenu dans ma maison. En effet, c’est l’été et c’est la canicule ! Pour le travail, j’ai réuni mes anciens albums pour les rééditer parce que beaucoup les demandent et ne les trouvent pas sur le marché. Je viens de rentrer de France où j’ai fait une émission avec la Berber TV. Franchement, il y a problème : quand je suis ici, ce sont nos émigrés en France qui me contactent et quand je suis en France, ce sont les gens d’ici qui cherchent après moi, je ne sais plus que faire ! (rires).  En outre, ces dernières années, mon mari était malade, j’ai tout laissé tomber pour être à son chevet. Et puis, depuis son décès  -que Dieu l’accueille dans son vaste paradis-, j’ai beaucoup de responsabilités sur les épaules.

Louiza, c’est en France que vous avez commencé la chanson et c’est là que vous avez passé le plus clair de votre vie, mais vous avez décidé enfin de rentrer pour vivre en Algérie, pourquoi ? Ah ! C’est en effet, en 1959 que je suis partie en France en pleine guerre de libération nationale. C’est là-bas que je me suis mariée et que j’ai vécu jusqu’à l’indépendance, ensuite je suis revenue dans mon pays. Dix ans plus tard, je suis retournée avec mon mari à l’Hexagone où nous avons passé 20 ans ! C’est en effet en France que j’ai fait mes débuts dans la chanson. 

Quand j’étais une enfant, quand maman m’entendait chanter, elle me disait : « Soussem ! (Silence !) Tu veux devenir chanteuse ? Quelle honte ! ». Mais moi j’ai bravé les interdits et j’ai continué à chanter !

Toutefois, je crois que si je suis restée en Algérie, il m’aurait été difficile, voire impossible, de réaliser mon rêve de devenir une artiste célèbre. A l’époque la femme ne pouvait même pas sortir sans être voilée, alors là devenir une chanteuse, c’était conçu comme une hérésie. Et ce, bien que mon mari soit un démocrate.

En France, j’ai été encouragé par beaucoup de gens de ma communauté et même des Français. D’ailleurs, c’est une copine à moi, qui s’appelle Marie qui m’a encouragée et orientée pour enregistrer les premières chansons que j’ai écrites en 1978. C’est ainsi que « Yelli-s n Leqbayel », « mmi-s n tmurt-iw », etc., et d’autres chansons seront connues de toute la Kabylie.

Ensuite, je suis revenue en Algérie, mais comme beaucoup d’artistes, pour des raisons que tout le monde connaît, j’ai dû quitter le pays pour me retrouver de nouveau en France dans les années 90…  

Vos chansons sont-elles inspirées de votre vécu ?  - (Silence) Quelques-unes, oui ! Mais, à mon sens, l’artiste ne doit pas être égocentrique, il doit plutôt savoir écouter les siens. Même quand j’ai un problème, je préfère le taire, je ne suis pas du genre à dramatiser ma vie pour apitoyer les gens. Pour preuve, à la radio, je n’ai même pas évoqué le décès de mon mari il y a trois ans. Si ce n’est l’animatrice Kahina qui l’a annoncé, je ne l’aurais jamais fait. Un vrai artiste est fait pour soulager et non le contraire.  

A propos de vos anciennes chansons, pourquoi sont-elles introuvables sur le marché ces dernières années ? - Hélas ! Mes anciennes chansons ont rencontré un succès immense mais ce sont les autres qui en ont profité, pas moi. Alors, j’ai décidé de casser les contrats avec les éditeurs et de retirer toutes mes anciennes bandes du marché. Maintenant, j’ai trouvé un éditeur qui les sortira de nouveau et je promets à toutes les admiratrices et à tous les admirateurs de Louiza de les trouver incessamment sur le marché.   

J’ai un scoop à vous annoncer : j’ai toutes les répétitions avec Dda Slimane (Slimane Azem, NDLR). Pas en studio, mais à la maison. Nous chantions en duo.

Photo : louiza-jeune.jpg 

Justement, parlez-nous davantage de Slimane Azem avec qui vous avez travaillé ? - En effet, nous avons produit un album ensemble. Nous avons chacun trois chansons dans cet album qui est sorti huit ans après sa mort. Il y a encore d’autres chansons que j’ai faites avec Dda Slimane qui ne sont pas sorties et que j’ai en répétition. Nous pensions qu’il allait guérir et nous avions l’intention de produire une autre cassette ensemble. D’aucuns savent que j’ai des chansons inédites avec Slimane Azem, ils me réclament de les publier.

C’est un enregistrement très intéressant : outre les chansons inédites, les gens sauront davantage sur ce que Dda Slimane pensait de la chanson kabyle, les conseils qu’il me prodiguait, etc. 

En répétition, Dda Slimane m’appelait « A yelli » (ma fille) et, ma foi, je ne faisais qu’exécuter les ordres du maître ! C’était mon père spirituel. J’ai réuni toutes ces séances de répétitions avec lui et je compte les sortir.

Beaucoup d’autres artistes m’ont également apporté leur soutien, à l’image d’Idir, Lounes Matoub, Lounis Ait-Menguellet, Cheikh Nouredine, Kamel Hammadi, et j’en passe. Cheikh Nouredine m’a dédié tout un cahier où il m’exprimait sa grande amitié pour moi.

J’ai chanté également, accompagnée de la derbouka seulement, pour un film réalisé par un Français sur la Kabylie. Il faut dire que je suis éprise de la Kabylie et de mes origines !

Parmi les spectacles que vous avez animés, lequel vous a le plus marquée ? - En 1978, quelques jours après la sortie de ma première cassette, je suis montée pour la première fois sur scène, et c’était dans la prestigieuse salle de la Maison du Peuple à Lyon (France) qui prend 2500 personnes ! J’ai chanté la première partie du spectacle avant Idir et Brahim Izri.

Peut-être que cette interview sera lue par Idir, je profite de l’occasion pour lui passer un bonjour, parce que c’était grâce à lui que cela s’est produit ! Moi et Idir, nous sommes amis et nous étions associés. J’ai été surprise du succès rencontré par cette cassette et je m’en souviendrais pour tout le restant de mes jours. Je me suis ensuite produite dans plusieurs grandes salles, comme le Zénith, l’Olympia, La Mutualité , Le Théâtre de Verdure, etc.

Un nouvel album ? - Oui, j’ai un nouveau produit. Ce qui a retardé sa sortie, ce sont les raisons que j’ai soulignées tout à l’heure. Je suis sûre que ce nouvel album surprendra tout le monde! Je veux que ce soit le top de tout le travail que j’ai fait jusqu’à maintenant.  

Avez-vous suivi les matchs de la Coupe du Monde !? - J’aime le football et j’aime surtout Zinedine Zidane ! Peu importe que l’équipe de France gagne ou pas, l’essentiel est que Zidane marque le but ! J’ai même composé une chanson sur Zizou. Zidane est un Kabyle qui n’a en aucun cas renié ses origines et je suis fière de lui. Quand on lui a posé la question de ce qu’il pensait du film « La colline oubliée », il a répondu : « La colline oubliée ? Comment l’oublier ? Chez moi, on mange Tiâasvanin (un repas kabyle, NDLR) ». Bravo pour ce qu’il a fait pour l’Algérie !

Un mot pour conclure. - Que Dieu vous garde, vous les jeunes !  J’ai bien sûr beaucoup de respect pour les anciens mais je préfère travailler avec vous les jeunes. Je souhaite la paix, la fraternité et la prospérité pour notre pays. A tous mes admiratrices et admirateurs, je leur dirais : vous êtes contents de moi, moi aussi je suis contente de vous, bien que je sois loin de vous, mon cœur est toujours avec vous.

Entretien réalisé par Karim KHERBOUCHE      

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 En hommage à Nadia Matoub et à toutes les femmes du monde qui se battent pour leur dignité

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