
Les ossements du chanteur kabyle Slimane Azem qui repose au Cimetière de Moissac, en France, depuis le 28 janvier 1983, seront dans les tous prochaines jours rapatriés vers Agouni Gueghrane, son village natal.
L’association qui porte le nom de Slimane Azem a réussi à convaincre les parties concernées, entre autres, les autorités algériennes et françaises pour la concrétisation de ce vœu de milliers de fans de l’artiste exilé. Ce rapatriement se fera aussi avec l’accord de la famille et notamment de l’épouse de Dda Slimane qui, rappelons-le, il y a quelques années, s’y opposait fermement.
Il reste maintenant à connaître la date de cet événement historique qui sera sans doute grandiose et fêté à grande pompe en Kabylie vue que, même de nos jours, l’artiste mythique jouit d’une grande aura et que son œuvre est encore appréciée des milliers de mélomanes.
Celui que l’exil a banni, comme il le disait dans sa chanson "L’hirondelle", a toujours porté dans son cœur l’Algérie dont il n’avait de cesse de dénoncer courageusement les despotes de tout poil. Ces mêmes défenseurs zélés d’une algérianité inventée de toutes pièces au lendemain de l’indépendance, le traitaient publiquement de tous les noms d’oiseaux, l’ont interdit systématiquement des médias publiques avant de le condamner à l’exil.
Rappelons que Dda Slimane a déjà subi les affres du colonialisme français en raison de son combat pour l’indépendance et de ses chansons subversives, notamment "Ffegh ay ajrad tamurt-iw" (Criquet, sors de ma terre)…
L’inhumation du chanteur dans son propre village sera une grande victoire à titre posthume de l’artiste et de l’idéal de liberté et de justice pour lequel il a payé un lourd tribut.
Karim Kherbouche




