
Je vais te faire un petit cours de ch'ti gars.
Alors le fameux "biloute", c'est "biroute", "une chite-biloute", "une p'tite biroute". C'était très employé avant quand j'étais môme. Maintenant, ailleurs que dans le nord, ce n'est plus très prisé.
Il faut dire que les mecs ici, s'appelle familièrement: "ma couille", "mes couilles". Il n'est pas rare d'entendre "salut ma couille", "Bonjour mes couilles"
Gracieux?
Et j'te dis quoi? (je le dis moi,) ex: je t'envoie le dessin et tu me dis quoi?
Tu me dis: ce que tu sais, ce que tu en penses, ce que tu apprends?
Voilà c'est simple mais si on ne sait pas, on ne percute pas quant on l'entend dans le film.
Dans le midi, ils disent"con" :
"Bonjour con", "Tu vas bien con?". Et le con c'est aussi bien le sexe des femmes (chanté par Brassens) que le mec con. C'est selon (Je suis née à coté de Marseille.)
Chaque pays à ses langages imagés. Chez nous, je trouve que ça vole bas quant les mecs se parlent entre eux. J'ai horreur des bars à cause de ça. Les propos qui y sont tenus, sont des plus déplacés et des plus cons, sexistes aussi.
Mais les mecs entre eux se vantent beaucoup et ne font pas grand chose en général. Plus un mec parle de ses exploits et moins il en fait dans la réalité. C'est d'ailleurs pareil en Algérie, j'ai pu le constater. Plus le mec est puceau et plus il parle fort. Mais si une femme lui met la main au panier, il se barre en courant.
Un jour à Paris avec 4 copines, nous marchions sur les champs Elysées et trois mecs nous croisent, nous sifflent, se retournent, font des réflexions sexistes sur nos guibolles (jambes) et nos culs. Alors on se regarde, et hop demi tour. On les rattrape et on se met à leurs peloter le cul, la main aux couilles, à faire des commentaires sur leurs sexe, leurs tronches, fort de façon à faire retourner les gens. Ils se sont barrés en courant. Nous étions mortes de rire.
Nous étions une fameuse équipe et nous avions l'habitude de nous comprendre d'un seul regard.
Un jour, toujours les mêmes filles. Deux mecs nous abordent vers 13h, alors que nous sortions d'un casting, et nous invitent à manger. Nous avions mangé. Nous nous regardons sans rien dire et hop d'un seul coup d'un seul nous avons dit "OUI" ensemble. Je te jure, nous avons remangé, juste pour les mecs qui étaient craquants. Je suis sortie avec l'un d'eux qui était un chargé d'ambassade à Paris. Et l'une des copines, s'est mariée avec l'autre.
Nous avons raconté aux mecs après le repas, ce que nous avions fait, ils étaient effondrés de rire et séduits.
Je pense que tu as compris que je suis un brin féministe. (un gros brin, genre chêne, tronc d'arbre). Mais pas contre les hommes….
Par Mic

Ce n’est nullement par hasard que la pétillante Djura est considérée comme ambassadrice de la cause et de la chanson féminines kabyles. Outre ses remarquables œuvres musicales, littéraires et cinématographiques, elle a le mérite d’avoir restée égale à elle-même et de dire tout haut et partout les revendications légitimes de ses concitoyennes.
En effet, malgré les multiples embûches que rencontraient les femmes pour choisir une carrière artistique ou pour aller à la fac, Djura a décidé de braver les interdits et d’aller jusqu’au bout de ses rêves. Après une maîtrise en Arts plastiques qu’elle a obtenue à l’université, elle s’est investie dans le cinéma comme réalisatrice. En 1976, elle réalise Ali au pays des merveilles qui traite de la condition des travailleurs immigrés. Après le succès de ce premier film, elle s’est mise à réaliser d’autres, tels que Algérie Couleurs et Ciné Cité. Djura, de son vrai nom Djouhra Abouda, a également écrit deux ouvrages : Le voile du silence et La Saison des Narcisses. Le premier bouquin retrace le parcours d’une jeune kabyle condamnée à mort pour avoir pris un Français pour compagnon. En fait, cette jeune femme n’est autre que l’auteur de ce livre. Djura est surtout connue sur la scène musicale où elle se distingue comme l’une des plus belles voix féminines. C’est en 1977 qu’elle a fondé le fameux groupe Djurdjura, un trio féminin qui, à l’époque où la World music n’était pas encore en vogue, marie merveilleusement rythmes et mélodies du terroir avec une instrumentation occidentale et des influences jazz-rock. Les trois séduisantes chanteuses formant le groupe chantaient avec brio les femmes, la liberté, l’amour, l’Algérie, la joie et la douleur, etc., avec l’espoir de lendemains meilleurs. "Notre but était avant tout de faire émerger des revendications concernant la condition des femmes tout en fusionnant des influences musicales", dit Djura. En 1986, le groupe Djurdjura devient … Djura. Dans son dernier, Uni-vers-elles (2002), la diva appelle à la rescousse une pléiade de chanteuses et chanteurs de plusieurs nationalités et intègre une variété de genres musicaux des quatre coins du monde. Aujourd’hui encore, Djura n’a rien perdu de sa vitalité et de son attachement à ses racines. Dans sa chanson « Alger la Blanche », elle chante, sur un fond musical envoûtant, ces paroles o combien révélatrices de tout l’amour qu’elle voue pour son pays natal : « Alger a soif de prière/ Elle a envoyé ses enfants à la guerre/ Humiliée, méprisée, déifiée/ Oubliée, Piétinée/ Elle est la femme !/ (...) A toi l’enfant kabyle, touareg, d’Oran, de Constantine, des Aures…/ Toi l’enfant de mon errance/Dans ce désert d’innocence/Je vais te parfumer de sons berbères/ D’une musique sans frontière/ Pour que demain/ Ton cœur ne soit pas amer (…)". Karim KHERBOUCHE
Cela fait treize ans, jour pour jour, que nous quittait la figure emblématique de la chanson kabyle sentimentale, Zohra. A cette occasion, l’association culturelle Asurif, en collaboration avec la Maison de la Culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, lui a rendu un vibrant hommage du 19 au 22 janvier 2008. Outre les manifestations culturelles ayant drainé un public nombreux, une gerbe de fleurs a été sur la tombe de Zohra, dans un moment de mémoire et de recueillement.





