Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /2009 00:00

Lorsque l’on écoute pour la première fois Yasmina, l’on se demande quel est ce “petit quelque chose” qui nous attire chez elle. Sa belle voix remplie de tendresse nous réchauffe les cœurs et nous délivre, ne serait-ce que durant quelques instants, de notre quotidien morose, marqué par la violence, la haine et l’exclusion. Elle nous apparaît alors telle une fleur au beau milieu du désert. 
A l’instar de bien des chanteuses kabyles, la mélodie de Yasmina est toute simple à retenir, ses textes sont en revanche d’une poésie musicale. C’est ce qui rend difficile de trouver la nuance qui la différencie des autres. Pourtant, elle est bien différente. Au bout d’un certain moment, sans savoir comment, on s’identifie totalement à ce qu’elle chante et l’on découvre chez elle un sentiment intense, doux et amer à la fois qui lorsqu’il n’est pas reconnu, devient rebelle et récalcitrant. Comme tous les amoureux (euses), Yasmina la tendre, devient subitement en nous emmenant avec elle dans ses excursions sentimentales, une Yasmina révoltée, qui use de mots à la limite de la virulence pour dénoncer les siens et “se renier” carrément ! Elle n’hésite pas à leur lancer : “Ghas frurigh-d seg-wen, ttut-iyi d ayen !” (bien que je sois de la même souche que vous, oubliez-moi définitivement et effacez-moi de votre paysage). C’est un peu, une manière de réclamer cette “solitude à deux”, condition sine qua non, de l’épanouissement de ce sentiment noble qu’est l’amour. Tel un oiseau qui se cache pour mourir, l’amoureux “non reconnu” est alors en proie à la misanthropie, la mélancolie et à un sentiment assimilable à la mort, la mort de la raison, la mort de l’égoïsme, de la solitude et souvent la mort même de l’esprit humain.  
Du coup, ce type de chanson devient un baume au cœur, un refuge et un antidote de la souffrance intérieure, lot quotidien des êtres sensibles.  
De surcroît, Yasmina s’insurge contre une injustice, dont elle est victime par excellence en tant que femme, si bien que nombre d’observateurs de la scène artistique, la confinent dans le rôle de porte-parole de la gent féminine rôle qu’elle dépasse pourtant largement. 
En effet, que l’on soit homme ou femme, écouter Yasmina, c’est se sentir reconnu dans sa souffrance, d’autant plus, que si l’on évolue dans une société comme la nôtre, où l’amour est sujet à prohibition. C’est également apprendre à écouter son cœur, et cela fait du bien. La chanteuse Yasmina est l’équivalent de ce qu’est l’autodérision dans le théâtre. Si l’un nous fait rire de nous et de notre quotidien, l’autre transforme notre douleur amoureuse en volupté.  
Tout compte fait, le secret de notre admiration pour cette chanteuse est dans sa sincérité. Elle est elle-même à l’image de son art et la chanson semble lui coller à la peau. Elle est tout bonnement la voix du cœur. Ma foi ! heureux qui comme Yasmina ont compris que l’amour est un acte de don total, car ils triompheont toujours sur les préjugés de leur époque et ils restent convaincus que celui qui aime, a vaincu le monde, sans craindre de perdre quoi que ce soit. Enfin, Yasmina est également un exemple de femme-courage et d’espoir, car elle est de celles qui ont compris, qu’elles doivent prendre leur sort en main. Pour perpétuer son rêve d’artiste, elle a dû à un moment donné de son existence, quitter la chanson parce que, dit-elle, celle-ci “ne fait pas vivre”. Elle s’est lancée alors dans le commerce pour survivre et s’offrir les moyens matériels, afin de se faire une place dans le monde de la chanson constamment convoité par des mercantis de tous poils. Avec ses huit albums, un beau bouquet à offrir en guise de cadeau à l’être qu’on aime d’amour, Yasmina est plus que jamais une figure incontournable de la chanson sentimentale.

 

Karim Kherbouche 

 

Par Yiwen - Publié dans : Chanteuses kabyles
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Lundi 26 janvier 2009 1 26 /01 /2009 00:00

Vivant en région parisienne où elle est née une certain 21 juin 1985, Nabila Dali opte plutôt pour la chanson kabyle. En tant choriste, elle a eu l’occasion d’explorer divers genres musicaux qui l’ont enrichi à tous égards, tels que le r’n’b, pop rock, la soul … Elle est plusieurs fois montée sur scène et a participé à des émissions télévisées en compagnie d’artistes célèbres, à l’image de Corneille et Louise Bourgoin. Cette belle voix que les téléspectateurs algériens ont découverte à la télé, travaille actuellement d’arrache-pied sur son premier album. Elle nous en parle dans cette interview qu’elle nous a accordée.  

Que devient Nabila Dali ?

Et bien, je vis toujours en région parisienne. J’allais entrer en 3ème année d’anglais mais j’ai décidé de mettre mes études de coté pour donner une chance à ma passion pour la musique et enfin mener à bien ce projet de faire un album en kabyle. Je me suis inscrite aux cours de musique andalouse et je monte sur scène dès que je le peux, ça me rend très heureuse !

Justement, à propos de cet album, pourriez-vous nous en parler davantage ?

Je commence en effet à travailler sérieusement sur mes premiers titres. C’est un travail long et difficile mais j’ai la chance d’être aidée par Kamel Hamadi, grand parolier et grand homme de la chanson algérienne que je connais depuis que j’ai 16 ans. Je rêvais de travailler avec lui et le moment est arrivé. C’est vraiment un honneur, ça me donne envie de me donner à 1000%.

Ecrivez-vous vous-même vos chansons ?

Effectivement, j'écris et compose mes propres chansons depuis des années. Concernant les chansons qui seront sur mon album, j'essaie de m'entourer d'autres artistes.

Qu’est-ce que vous gardez de bon de votre participation à Elhane Wa Chabab 2007 ?

Elle est merveilleuse et restera gravée en moi jusqu’à la fin de mes jours. Elle m’a fait énormément grandir d’un point de vue artistique et humain. En fait, j’ai toujours chanté en kabyle mais je n’avais pas assez de connaissances de la chanson algérienne en général. En vivant 4 mois à Alger, j’ai appris plus de choses sur les différents styles, répertoires, sur nos artistes. Sur le plan humain, j’ai fait des rencontres magnifiques, celles d’artistes plus talentueux les uns que les autres qui sont devenus des amis.

Quel commentaire pourriez-vous faire de l’édition actuelle de cette émission ?

Lorsque nous avons participé à cette émission, nous ne savions pas vraiment comment les choses allaient se dérouler. La production voulait vraiment que cette émission soit à l’image des stars académies tout en gardant certains aspects de l’ancienne émission. C’était une première en Algérie, c’est ce qui a donné du piment à ce projet. Avec les autres candidats, on formait une équipe, une famille, et puis on a vécu ensemble bien avant l’école, pendant les castings.

Cette année, les candidats ont déjà l’avantage d’avoir eu un premier aperçu du déroulement de l’émission donc ils sont à l’aise et c’est vraiment bien. L’évolution est notable, il commence à y avoir la présence d’artistes occidentaux. On peut revoir certains profs de l’an passé et également l’ancien candidat Houari qui anime les quotidiennes, ça me fait plaisir de voir qu’il atteint ses objectifs car c’est un bon comédien. Cela dit, il y a peu de chansons kabyles et c’est bien dommage car ça empêche certains candidats de prouver leurs capacités dans le répertoire qui leur correspond.

Quelle est la chanson que vous aimez le plus interpréter ?

J’aime les chansons à texte et j’ai adoré chanter « Afalku » de Matoub, même si c’était à capella. C’est une chanson qui me bouleverse, elle raconte l’histoire d’un soldat qui trouve la mort pendant la guerre.

Avec quel chanteur célèbre souhaiteriez-vous chanter en duo ?

Chanter avec Idir serait un grand rêve.

Pourquoi donc ?

Parce que non seulement c’est un artiste complet, mais c’est aussi une figure emblématique pour tous les algériens. Il a réussi à promouvoir la chanson kabyle partout dans le monde et à lui donner tout le respect qu’elle mérite.

Merci Nabila.

C’est moi qui vous remercie. Un grand coucou à toute l'Algérie. Mes voeux les meilleurs pour 2009!  

 

Interview réalisée par Karim KHERBOUCHE

Les Nouvelles Confidences

Par Karim - Publié dans : Chanteuses kabyles
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Samedi 14 juin 2008 6 14 /06 /2008 00:00

Zaho est partie d’Alger pour le Québec en 1998, à l’âge de 18 ans et déjà elle fait parler d’elle sur la scène R&B et hip-hop internationale, notamment en France et au Canada !

 

Ses parents sont originaires d’Oran et sont instruits : le père est cadre, la mère est professeur à l’université. Elle a vécu dans un quartier populaire d’Alger. « J’étais la seule fille du quartier à jouer au foot avec les mecs, la seule à jouer de la guitare », se souvient-elle. Son père est un passionné de musique et l’encourage à apprendre à jouer de la guitare, ce qu’elle fait dès ses 7 ans. Elle s’inscrit ensuite à l’école des Beaux-Arts à Alger et poursuit ses études au Québec avant d’enregistrer les beaux titres « C’est Chelou », « Dima » (éternellement), « Kif n’dir » (L’impasse), tous des tubes écoutés en boucle par des milliers de fans à travers le monde.  

 

Nombre de ses chansons racontent la grande histoire d’amour entre elle et son pays l’Algérie dont elle s’est séparée. Cet attachement pour le pays natal se ressent notamment dans « Kif N’dir » où elle décrit avec beaucoup d’émotion la veille de son départ d’Alger. « Moi qui rêvais de quitter un jour mon pays pour aller voir d’autres horizons, je me suis rendue compte que ce n’était pas si évident que ça, finalement, et qu’on n’est rien sans ses origines. Après ce départ pour le Canada, j’étais un peu perdue. Ce titre est à la fois une remise en question, une introspection et l’expression d’une douleur très profonde », déclare-t-elle.

 

Outre Missy Elliot et MIA, Zaho est une grande admiratrice d’Idir à qui elle a écrit une chanson pour son dernier album. Elle dit à ce propos : « Idir, c’est quelqu’un que j’ai beaucoup écouté pendant mon adolescence, sans forcément comprendre ce qu’on chantait puisque c’était du kabyle. Il m’a longtemps accompagnée et me rappelle des périodes heureuses de ma vie. J’ai eu l’écho qu’il préparait un album. Et un jour, j’ai pris ma guitare, j’ai commencé à fredonner des trucs et je me suis dit  "je le verrai bien chanter ça !". Alors je l’ai écrit comme si c’était pour lui. Un soir, on est passé dans les coulisses d’un de ses concerts et j’ai chanté ça avec le trac, les mains moites et la bouche sèche. Il ne disait rien et moi ça me rendait de plus en plus nerveuse. Avant la fin de la chanson, il a demandé à ses musiciens de venir m’accompagner, m’a dit que c’était magnifique et j’étais soulagée. Mais je ne m’attendais pas à ce qu’il me demande de la chanter avec lui. J’ai été super touchée ! »

 

Karim Kherbouche

 

Par Karim - Publié dans : Chanteuses kabyles
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Jeudi 3 avril 2008 4 03 /04 /2008 00:00

Ce n’est nullement par hasard que la pétillante Djura est considérée comme ambassadrice de la cause et de la chanson féminines kabyles. Outre ses remarquables œuvres musicales, littéraires et cinématographiques, elle a le mérite d’avoir restée égale à elle-même et de dire tout haut et partout les revendications légitimes de ses concitoyennes.

En effet, malgré les multiples embûches que rencontraient les femmes pour choisir une carrière artistique ou pour aller à la fac, Djura a décidé de braver les interdits et d’aller jusqu’au bout de ses rêves. Après une maîtrise en Arts plastiques qu’elle a obtenue à l’université, elle s’est investie dans le cinéma comme réalisatrice. En 1976, elle réalise Ali au pays des merveilles qui traite de la condition des travailleurs immigrés. Après le succès de ce premier film, elle s’est mise à réaliser d’autres, tels que Algérie Couleurs et Ciné Cité.

Djura, de son vrai nom Djouhra Abouda, a également écrit deux ouvrages : Le voile du silence et La Saison des Narcisses. Le premier bouquin retrace le parcours d’une jeune kabyle condamnée à mort pour avoir pris un Français pour compagnon. En fait, cette jeune femme n’est autre que l’auteur de ce livre.

Djura est surtout connue sur la scène musicale où elle se distingue comme l’une des plus belles voix féminines. C’est en 1977 qu’elle a fondé le fameux groupe Djurdjura, un trio féminin qui, à l’époque où la World music n’était pas encore en vogue,  marie merveilleusement rythmes et mélodies du terroir avec une instrumentation occidentale et des influences jazz-rock. Les trois séduisantes chanteuses formant le groupe chantaient avec brio les femmes, la liberté, l’amour, l’Algérie, la joie et la douleur, etc., avec l’espoir de lendemains meilleurs. "Notre but était avant tout de faire émerger des revendications concernant la condition des femmes tout en fusionnant des influences musicales", dit Djura.

En 1986, le groupe Djurdjura devient … Djura. Dans son dernier, Uni-vers-elles (2002),  la diva appelle à la rescousse une pléiade de chanteuses et chanteurs de plusieurs nationalités et intègre une variété de genres musicaux des quatre coins du monde.

Aujourd’hui encore, Djura n’a rien perdu de sa vitalité et de son attachement à ses racines. Dans sa chanson « Alger la Blanche  », elle chante, sur un fond musical envoûtant, ces paroles o combien révélatrices de tout l’amour qu’elle voue pour son pays natal : « Alger a soif de prière/ Elle a envoyé ses enfants à la guerre/ Humiliée, méprisée, déifiée/ Oubliée, Piétinée/ Elle est la femme !/ (...) A toi l’enfant kabyle, touareg, d’Oran, de Constantine, des Aures…/ Toi l’enfant de mon errance/Dans ce désert d’innocence/Je vais te parfumer de sons berbères/ D’une musique sans frontière/ Pour que demain/ Ton cœur ne soit pas amer (…)".

Karim KHERBOUCHE

Par Karim - Publié dans : Chanteuses kabyles
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Vendredi 7 mars 2008 5 07 /03 /2008 00:00

Décidément, la condition des femmes en Algérie a connu un changement important et significatif. Certes, il reste encore énormément de travail à faire pour que la femme joue pleinement son rôle aussi bien dans la famille que dans la société mais on peut affirmer que, pour des raisons économiques sans nul doute, bien des tendances générales discriminatoires ont été bannies. 
Néanmoins, ce changement n’est pas sans entraîner de nombreuses interrogations, notamment sur le marché de travail qui s’ouvre de plus en plus à la gent féminine. Le patriarcat ne se manifeste pas qu'à travers des mentalités considérées comme résiduelles, mais il se nourrit encore d’une certaine volonté, voire d’un certain acharnement, à faire de la hiérarchie entre les sexes un ordre social. Enquête sur le terrain à Béjaia. 
 
Sois belle et tais-toi !
De nos jours, la contribution financière de chacun des membres de la famille, sans distinction de sexe, est plus que jamais une nécessité pour subvenir aux besoins de plus en plus nombreux. C’est la raison économique qui prévaut sur les considérations d’ordre morale ou autres. Pour cause, le besoin de travailler chez la femme ne se fait pratiquement pas sentir dans des familles dont la situation financière est prospère. En outre, bon nombre de femmes, notamment dans les zones rurales, n’ont pas encore accès au monde du travail, pour la simple raison qu’elles sont des femmes. Ce qui dénote toute la difficulté qu’éprouve notre société à intégrer dans ses mœurs ce changement.     
« Quoiqu’il en soit, je suis optimiste et j’ai confiance en l’avenir. Je crois que, dans les années à venir, les droits de la femme se rapprocheront de plus en plus du principe d’égalité. Une fois la sécurité totalement rétablie, je suis persuadée qu’il y aura plus de femmes qui s’impliqueront également sur la scène politique. Nous verrons les femmes accéder à toutes les fonctions jusqu’alors réservées aux hommes. Si nous continuons à ce rythme, nous arriverons sûrement à atteindre la parité entre les hommes et les femmes », soutient Saliha, avocate en formation, avant d’ajouter : « J’espère que ces mentalités évolueront et que nos filles et petites filles auront d’autres missions plus positives à remplir que de passer leur temps à se battre pour l’amélioration de la condition de la femme. J’espère aussi que nous aurons la possibilité de leur préparer le terrain pour cela ».
Le piston, ce que des hommes en pensent
« Malheureusement, chez nous, pour être recruté par une entreprise, il suffit de connaître quelqu’un de haut placé dans l’administration ou d’être une belle femme, on passe comme une lettre à la poste. Quant au critère de compétence, on s’en balance royalement ! Je suis diplômé universitaire, j’ai envoyé des dizaines de demandes d’emploi aussi bien aux entreprises publiques que privées. Si certaines me répondent par la négative, d’autres ne daignent même pas me répondre, pourtant j’ai toujours pris soin d’inclure une enveloppe timbrée libellée à mon adresse ! », accuse Noureddine. Il poursuit : «En tout cas, je suis sûr qu’il n’y a pas une femme qui a les mêmes diplômes que moi et qui chôme. C’est navrant que cela puisse se produire à l’heure de l’économie concurrentielle où tout est question de profit pour l’entreprise ». Son ami ironise : « Ben, tu n’as qu’à mettre à la place de ton celui d’une femme et de joindre à ta demande une photo d’un canon trouvée sur Internet et tu verras ! ».
Nul n’est sans savoir que ces propos ne sont propres à ces deux jeunes chômeurs que nous avons rencontrés dans un café à Sidi-Aich et qu’ils sont révélateurs de l’avis général de la gent masculine.     
Non, je refuse d’être une despesrate housewife !
« Comment peut-on avancer que les femmes bénéficient d’un favoritisme par rapport aux hommes pendant que, personne ne peut le nier, les femmes ne représentent encore qu’une infime minorité de la population active dans notre pays ! ? », s’interroge S. F., enseignante dans une école privée, à Akbou. « Il y a manifestement une volonté de faire des femmes un bouc émissaire afin de fuir le vrai débat sur le chômage », ajoute-t-elle. 
Nous avons pris langue avec des employeurs pour connaître leur avis sur le sujet. « Pour des raisons plutôt de rentabilité, je préfère recruter des jeunes femmes pour certaines fonctions comme cela se fait à l’échelle universelle », nous dit entre autres Gh. Malek, patron d’une société spécialisée en informatique.
Plus franc, B. Mohamed, cogérant d’une société, nous dira : « Si la composante de notre personnel est essentiellement constituée de jeunes femmes, c’est surtout parce que les jeunes hommes exigent des salaires plus importants que notre société n’a pas les capacités d’honorer ». Il pense que « cette méthode permet à sa société de fonctionner et à plus de personnes de trouver un emploi ». La forte demande fait que bien des employeurs peu scrupuleux ne se soucient guère des lois en vigueur régissant le monde du travail en Algérie, ni de la situation de leurs employés vis-à-vis de la sécurité sociale.  
« Je gagne 4000 DA le mois, je travaille à plein-temps, j’ignore encore si je suis assurée ou non », révèle Samia, employée dans une société privée. Mais, pour Fatiha, sa collègue,  « l’essentiel pour moi étant de gagner un salaire, aussi modique soit-il, et surtout de ne pas rester chez moi à me tourner les pouces. Pis, j’ai travaillé pendant des années comme adjointe d’éducation dans un collège dans le cadre du filet social, ma situation n’avait pas bougé d’un iota ». 
Les femmes vivant en zones rurales souffrent davantage du chômage, elles souhaitent que l’Etat leur viennent en aide pour qu’elles puissent exercer des activités chez elles même. Tout ce dont ces femmes ont besoin, c’est d’un peu d’égard, et elles sont convaincues qu’elles incarnent un potentiel humain à même de contribuer à donner un coup de pouce au développement du pays. 
 
Travailler et m’occuper de mon foyer, je ne sais où donner de la tête !
Constat : bon nombre de jeunes femmes travailleuses, notamment celles ayant un certain niveau scolaire, sont les victimes par excellence du célibat et de l’ambivalence des systèmes sociaux : entre le statut traditionnel de la femme au foyer et celui de la femme moderne qui souhaite jouer un rôle de citoyenne à part entière.      
Néanmoins, pour Souad, étudiante en sociologie, «entre travailler et être au diapason de la représentation que se fait notre société de la femme bien élevée, il faut simplement trouver le juste milieu. Ce n’est pas évident, je vous l’accorde, mais l’important, c’est surtout d’être soi-même satisfaite de sa manière d’être et de se comporter en société ».   
Par ailleurs, pour les femmes mariées, concilier vie professionnelle et responsabilités familiales n’est pas de tout repos. Les propos que voici de Madame A. F., 43 ans, candidate aux dernières élections municipales, illustrent on ne peut plus clair la difficile situation de la femme travailleuse : « Je suis responsable d’une entreprise et mère de trois enfants en bas âge. Mon mari est instituteur. Même s’il a plus de temps libre que moi, il ne fait rien pour me donner un coup de main à la maison. Pour lui, c’est un travail de femme que de s’occuper de la maison. Entre l’éducation de mes enfants, les tâches ménagères et le boulot, je n’ai plus le temps de me reposer, je risque de craquer ! ».  Elle avoue également que son mari se sent gêné depuis qu’elle gagne plus que lui. « Bien que je sois responsable d’une entreprise, à la maison, je redeviens épouse et maman et je ne fais jamais le chef avec mon mari ! Maintenant il commence à comprendre que si je gagne plus que luicela  ne change rien en notre relation et ça va de mieux en mieux entre nous », ajoute-t-elle.      
   
L’espoir au féminin pluriel
Le monde du travail devient de plus en plus mixte. Notre société saisit que la femme constitue la réponse même à la problématique de développement et son rôle est crucial dans le changement social. Même s’il est vrai que l’activité féminine se limite encore à certains domaines, on ne peut nier toutefois la présence de nombreux signes avant-coureurs de lendemains meilleurs pour les femmes.
 Karim KHERBOUCHE

Par Karim - Publié dans : Femmes et société
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